
BAM x Bulles
17 juillet 2026
50 ANS 🙂
25 août 2026Chaque année, la rentrée arrive avec son cortège de bonnes résolutions : reprendre le sport, être plus productif·ve, tout gérer de front — le travail, la famille, la vie sociale, et si possible sans jamais craquer. Et si, cette année, on essayait autre chose ? Pas plus, pas moins. Juste assez.
C’est exactement ce que propose le lagom, un concept suédois qui n’a pas d’équivalent exact en français, mais qui pourrait se traduire par « juste ce qu’il faut », « ni trop, ni trop peu ». Un mot du quotidien, presque banal en Suède, et pourtant porteur d’une vraie philosophie de vie : celle de la modération choisie, à l’opposé du culte de la performance.
Un concept ancré, pas une mode bien-être
Le lagom n’est pas un nouveau courant développement personnel importé pour les besoins d’un article. Ses racines remonteraient à l’époque viking, où l’on se partageait équitablement la nourriture et les ressources — juste assez pour chacun, ni excès ni manque. Cette idée d’équilibre s’est infiltrée dans la culture suédoise contemporaine : dans la façon de travailler (le fameux fika, cette pause café ritualisée et non négociable), dans la façon d’aménager son intérieur, dans le rapport au temps.
Ce qui est intéressant, ce n’est pas tant le concept en lui-même que ce qu’il vient bousculer chez nous : cette idée si française — et si épuisante — que « faire plus » serait toujours mieux. Que réussir, c’est tenir sur tous les fronts en même temps.
Ce que le corps sait déjà
En tant que psychopraticienne, je vois très concrètement ce que ce déséquilibre produit. Le surmenage ne s’annonce presque jamais brutalement. Il s’installe doucement, par accumulation : une tension dans les épaules qu’on ignore, un sommeil qui se dégrade, une irritabilité qu’on met sur le compte de la fatigue passagère. Le corps parle avant que le mental n’accepte de l’entendre. C’est tout le sujet du travail psycho-corporel que je développe en ce moment : ce que nous n’exprimons pas trouve toujours un chemin pour s’imprimer ailleurs.
Le lagom, dans ce sens, n’est pas qu’une astuce d’organisation. C’est une invitation à réajuster, en amont, avant que le corps n’ait à crier ce que l’on refuse d’entendre.
À quoi ça ressemble, concrètement ?
Le lagom ne se décrète pas en une liste de bonnes pratiques toutes faites — ce serait justement contraire à son esprit. Mais quelques pistes peuvent aider à l’incarner, à son échelle :
Au travail : accepter qu’une journée « suffisamment bien remplie » n’a pas besoin d’être une journée à 200 %. Se fixer une vraie limite de fin de journée, et s’y tenir.
En famille : préférer une présence de qualité, même courte, à un temps long mais dispersé entre les écrans et la charge mentale.
Pour soi : réintroduire des pauses non productives — un café pris lentement, une marche sans objectif, un moment sans notification. Pas pour « optimiser » son repos, juste pour respirer.
Dans ses engagements : apprendre à dire non à ce qui déborde, plutôt que de dire oui par peur de décevoir.
Une rentrée à la mesure de soi
Ce que le lagom propose, finalement, c’est de sortir de la logique du tout ou rien. Ni la course effrénée à la performance, ni la culpabilité de ne pas en faire assez : juste un ajustement, propre à chacun·e, à ce qui est suffisant pour se sentir bien.
C’est un peu l’esprit que je voudrais insuffler à cette nouvelle saison de BULLES : un lieu où l’on ne vient pas pour « optimiser » son bien-être, mais pour se donner le droit à une pause juste assez généreuse. Un café, un atelier, un moment pour soi — sans en faire trop, mais sans s’en priver non plus.
Alors cette rentrée, et si on essayait le lagom ?




